Le projet

La Locandiera

le musical

"...Ma reine de Locanda, accroche bien ton bras au bras de celui-là qui fera de toi la Locandiera..."

 

Naissance d'un projet

 

 

Tout est né d'une causerie autour d'un déjeuner champêtre.

Claire Guyot et Pierre Margot échangent à propos de leurs métiers que sont le théâtre et la musique.

De fil en aiguille, Pierre raconte à Claire que, quelques années plus tôt, il a adapté et mis en scène avec bonheur la "Locandiera" pour le compte du Grenier de Toulouse. S'il y a un rôle dont elle rêve depuis l'adolescence, c'est bien celui-là et pas d'un autre. Pierre parle à Claire de sa vision de la pièce et du personnage. Claire adhère immédiatement. Pour elle, l'idéal serait d'en faire un musical...

 

Il n'en fallait pas plus pour que l'idée devienne un projet.

 

Pierre et Claire planchent sur la pièce et trouvent rapidement beaucoup d'endroits susceptibles de faire une chanson. Mais attention, il ne s'agit pas de plaquer des idées qui ne seraient pas contenues dans l'oeuvre mais bien d'aller fouiller dans les secrets qu'elle recèle. Ils tombent alors très vite sur une bonne douzaine de chansons qui trouvent une place quasi miraculeuse dans le déroulé de l'histoire.

 

Une semaine plus tard, Pierre soumet à Claire la première idée qui s'impose à lui : la dernière lettre qu'a laissé le père à l'attention de sa fille Mirandoline. Dans ce testament, il lui demande de tout faire pour préserver son indépendance et sa liberté de femme. Claire l'écoute et dans la foulée la chante. La chanson est adoptée.

S'en suit la chanson du Chevalier dans laquelle ce dernier dit au Comte et au Marquis son dégoût des femmes. Les deux ripostent vertement. Le premier trio de la pièce est né.

Pierre étudie toujours la pièce et reste interloqué par le dépit amoureux qu'expriment le Comte et du Marquis lorsqu'ils comprennent que Mirandoline ne sera jamais ni à l'un, ni à l'autre. Ils ont tant fait pour cette femme depuis des mois ! Ils lui ont décroché la lune ! Oui, mais comment ferait le monde pour vivre sans la lune ? La chanson est née. Elle s'appellera : "Raccrocher la lune" dans laquelle le choeur demande aux deux prétendants éconduits de bien vouloir raccrocher la lune. Ce qu'ils vont faire sans opposer de résistance. Leur chagrin ne doit pas empêcher le monde de continuer à tourner...

 

Au cours de leur travail sur la pièce, Claire et Pierre ont découvert que Carlo Goldoni, après avoir écrit pour le théâtre en Italie, avait écrit en France le texte et la musique de plus de trente opéras-bouffes. Il n'y a pas de hasard, cette Locandiera respire la musique.

 

 

Note d'intention

 

Le projet, ici, est de créer un spectacle musical dont l'argument est la Locandiera et dont les chansons s'inscrivent dans la dramaturgie profonde de l'oeuvre.

 

La Locandiera est un plaidoyer pour la liberté des femmes, leur indépendance. Face à la misogynie ambiante, à l'indifférence, à la rudesse, au mépris de certains hommes, l'héroïne affiche un caractère de feu alimenté par un goût immodéré de liberté. Elle a bien compris, en 1752, que sa lutte contre la soumission passe par la préservation de son indépendance économique. En cela, la pièce est universelle et intemporelle. C'est sans doute la raison pour laquelle elle traverse les époques sans prendre de ride. La modernité cinglante de Mirandoline fait écho chez les hommes et les femmes de toutes les époques, de toutes les régions.

 

Carlo Goldoni a travaillé à l'opéra de Venise avec Antonio Vivaldi avec lequel il a élaboré ce qui deviendra plus tard l'« Opéra comique » italien. Il a lui-même écrit plus de trente opéras-bouffes, paroles et musiques. En travaillant à l'adaptation de la pièce, un désir fort de musique a surgi de l'oeuvre. Cela venait-il de l'insolente beauté du personnage principal ou bien de l'alchimie de l'oeuvre, sensuelle, voluptueuse, jubilatoire ? Le fait est que la musique s'est imposée.

 

Pour servir « l'esprit Goldoni », je souhaite concilier une forme musicale classique dans son harmonisation et sa structure avec certains échos de musique populaire. L'essentiel étant de toujours garder le niveau d'énergie qui habite l'écriture.

 

Pour les textes, ils exploreront des parties non-dites de la pièce comme la lettre que le père laisse à sa fille avant de mourir, l'origine possible de la peur que le Chevalier nourrit à l'égard des femmes, le désir fou de liberté qui anime Mirandoline, le dépit amoureux du Comte et du Marquis. Le livret conservera la verve du texte original et se développera de manière à ouvrir certaines voies lyriques et poétiques. Pour cela, je veux prendre en compte les situations précises, détourner les expressions populaires et ne jamais céder à un quelconque anachronisme qui irriterait l'universalité du propos.

 

 

 

 

Projet scenographique